Le rôle de la confiance | Quel est le premier producteur de glaces dans l’UE ?

Cette semaine, dans Brief.eco, nous nous penchons sur le rôle de la confiance en économie. Nous nous intéressons à la construction de logements neufs. Nous vous expliquons ce qu’est le FMI et nous vous posons une question sur les glaces.

Ça compte

  • Aigle Azur en cessation de paiements. La compagnie aérienne française Aigle Azur s’est déclarée lundi en cessation de paiements et a obtenu son placement en redressement judiciaire dans l’espoir de trouver des repreneurs. L’entreprise, qui perd de l’argent depuis 2012, emploie 1 150 personnes, dont environ 800 en France.

    Pourquoi ça compte. Créée en 1946, Aigle Azur est la deuxième compagnie aérienne française en nombre de passagers transportés. Elle dessert principalement l’Algérie. Très endettée, elle dispose cependant à l’aéroport d’Orly de 10 000 créneaux horaires de décollage et d’atterrissage, dont le nombre est plafonné, ce qui peut contribuer à susciter l’intérêt d’autres compagnies pour un rachat.
  • La BCE s’inquiète de la libra. Un haut « degré d’acceptation » de la cryptomonnaie libra annoncée en juin par Facebook pourrait remettre en cause la capacité de la Banque centrale européenne (BCE) à mener à bien sa politique monétaire, a déclaré lundi Yves Mersch, l’un des membres du directoire de l’institution. Elle pourrait également, selon lui, « limiter le pouvoir de contrôle de la BCE sur l’euro ».

    Pourquoi ça compte. Facebook a annoncé mi-juin ce projet de cryptomonnaie, un moyen de transaction électronique sécurisé, avec 27 partenaires, pour un lancement prévu mi-2020. La libra doit permettre à ses utilisateurs de payer des achats ou d’envoyer des fonds instantanément et à un coût très faible. En juillet, les ministres des Finances du G7 (un groupe réunissant sept pays parmi les plus industrialisés) avaient alerté sur les risques pour le système monétaire international d’un tel projet.
  • Hausse de la rémunération des cadres. Les rémunérations des cadres ont progressé de 2 % en 2018, selon le baromètre 2019 de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) publié ce mercredi. Cette hausse est similaire à celle de 2017, après cinq années de stagnation. La rémunération brute annuelle médiane (la moitié gagne plus, l’autre moins) s’élève à 50 000 euros en 2018, contre 49 000 euros en 2017.

    Pourquoi ça compte. Les cadres et professions intellectuelles supérieures représentaient 18 % de la population active en 2017, dernière année renseignée par l’institut national de statistiques Insee. La population active est composée des personnes ayant un emploi et de celles au chômage. Dans une étude publiée en avril portant sur les rémunérations dans le secteur privé en 2016, l’Insee notait que « les salaires augmentent un peu plus fortement dans le haut de la distribution » des revenus, ce qui « accroît légèrement les disparités salariales, poursuivant la tendance de ces dernières années ».

On fait le point

Le rôle de la confiance

Le moral des ménages et celui des chefs d’entreprise sont stables en France. Ces indicateurs qui expriment la confiance dans la situation économique permettent d’anticiper les décisions de consommation ou d’investissement.

L’actu

En France, la confiance des ménages dans la situation économique était stable en août, selon une étude publiée la semaine dernière par l’institut national de statistiques Insee. L’indicateur qui la mesure, appelé indicateur synthétique de confiance des ménages, s’établissait à 102, un niveau supérieur à sa moyenne de longue période (100). Il était de 96 en août 2018 et avait atteint son plus bas niveau en juin 2013, à 79. Concernant les entreprises, un indicateur de climat des affaires est calculé à partir des réponses des chefs d’entreprise des principaux secteurs d’activité. En août 2019, cet indicateur était également stable. Il se situait à 105, comme le mois précédent, selon l’Insee.

L’éclairage

Quel rôle joue la confiance dans les échanges ?

La confiance est la condition préalable à tout échange économique. Sans elle, aucune transaction ne peut avoir lieu, l’acheteur redoutant de ne pas être livré et le vendeur de ne pas être payé. Dans la théorie économique classique, la confiance est reliée à la recherche égoïste par chaque individu de la satisfaction de ses intérêts personnels. « Ce n’est pas de la bienveillance du boucher, du marchand de bière ou du boulanger que nous attendons notre dîner, mais bien du soin qu’ils apportent à leurs intérêts », écrivait l’économiste britannique Adam Smith dans l’ouvrage « La Richesse des nations » publié en 1776. Pour que les échanges s’effectuent même lorsqu’une partie aurait égoïstement intérêt à ne plus les honorer, la solution du contrat en garantit le bon déroulement. En 1990, l’économiste américain David Kreps considère cependant cette option du contrat juridiquement coûteuse en cas de conflit et estime que la réputation peut suffire à assurer la confiance [PDF]. Selon sa théorie, les agents économiques se fondent sur la réputation d’une personne, liée aux comportements qu’elle a adoptés lors des échanges précédents, pour entrer ou non en relation avec elle. Ce mécanisme réputationnel est très présent dans l’économie des plateformes internet à travers les systèmes de notation ou d’avis certifiés.

En quoi consiste la confiance dans l’économie ?

Dans sa « Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie », un ouvrage publié en 1936, l’économiste britannique John Maynard Keynes s’intéresse à un autre type de confiance : celle tournée vers l’avenir. Elle est selon lui la condition nécessaire à toute décision d’investissement. Contrairement aux économistes classiques, John Maynard Keynes ne croit pas que les individus sont des êtres rationnels uniquement guidés par l’analyse des faits et le calcul des probabilités. Selon lui, ils décident d’investir d’une part en suivant leurs « esprits animaux », c’est-à-dire de manière instinctive et spontanée, et d’autre part par mimétisme avec les autres investisseurs. Pour l’économiste français Antoine Malézieux, cette confiance dans l’avenir, qu’il assimile à de l’optimisme ou à de la foi, doit être distinguée de celle portée aux institutions (autorités publiques, mais aussi monnaie, etc.), directement liée à la crédibilité de ces dernières. Enfin, un autre type de confiance, dite généralisée ou sociale, se définit par le fait de faire plutôt confiance aux autres. En 2005, le chercheur en économie danois Christian Bjornskov recense plusieurs études liant les bons résultats économiques d’un pays en matière de croissance, d’éducation et de faible corruption au haut niveau de confiance sociale de sa population.

Comment la confiance est-elle mesurée ?

En France, l’Insee publie chaque mois depuis 1987 son indicateur synthétique de confiance des ménages qui permet d’étudier « l’opinion qu’ont les ménages sur leur environnement économique et sur certains aspects de leur situation économique personnelle ». Il est calculé en prenant en compte leur opinion sur des questions à la fois d’ordre personnel, par exemple sur leur perception de leur propre situation financière, et sur des questions macroéconomiques, telles que leur représentation du niveau de vie en France, de l’évolution du chômage ou de l’inflation. Environ 2 000 ménages sont interrogés par téléphone, au cours des trois premières semaines de chaque mois. Des enquêtes mensuelles identiques sont effectuées dans chaque pays de l’Union européenne. Sur le site de sciences économiques et sociales Melchior, la professeure d’économie Judith Leverbe constate que ces évaluations sont prédictives des comportements économiques des ménages : « Le pessimisme annoncé se traduit par un ralentissement de la consommation et un accroissement de l’épargne de précaution. »

Pour aller plus loin

Bases de la confiance. La série de vidéos pédagogiques Dessine-moi l’éco explique dans un épisode de trois minutes pourquoi la confiance est indispensable au bon fonctionnement de tout système économique. Elle présente les divers moyens de la garantir et explique le rôle joué par les institutions.

Question de confiance. Dans un passionnant dossier publié en 2009, l’économiste français Éloi Laurent recense les résultats de nombreuses études économiques réalisées sur le thème de la confiance. Il présente plus particulièrement les moyens de l’encourager dans nos sociétés modernes.

En chiffres

La construction de logements en France

Entre août 2018 et juillet 2019, 442 800 logements ont reçu un permis de construire en France, soit un recul de 6,2 % par rapport aux 12 mois précédents, selon une étude publiée la semaine dernière par le SDES, le service des statistiques du ministère de la Transition écologique et solidaire. Dans la même période, 409 100 logements ont été mis en chantier, soit 4,6 % de moins qu’au cours des 12 mois précédents. Malgré la demande importante de logements et les taux d’intérêt bas, les constructions sont en net ralentissement depuis janvier 2018. La Fédération des promoteurs immobiliers attribue cette baisse à la proximité des élections municipales de mars 2020, qui pousse selon elle certains maires à suspendre des projets, à la suppression de l’APL accession pour le neuf, un dispositif qui aidait les ménages modestes à devenir propriétaires, et au changement des règles d’octroi du prêt à taux zéro. Lors de sa campagne à l’élection présidentielle, Emmanuel Macron avait annoncé qu’il voulait créer un « choc de la construction », notamment à travers une simplification des procédures et des normes. C’est ce que prévoit la loi Élan, sur l’évolution du logement, définitivement adoptée par le Parlement le 16 octobre.

Le mot dans l’actu

FMI

Pourquoi on en parle. L’Argentine a demandé la semaine dernière un rééchelonnement de sa dette de 57 milliards de dollars contractée en 2018 auprès du Fonds monétaire international (FMI). Les prix ont augmenté de 54 % ces 12 derniers mois en Argentine, dont l’économie est en récession depuis l’an dernier, selon l’institut national de statistiques du pays.

En quoi ça consiste. Le FMI a été créé en 1944 par 44 pays souhaitant instaurer un cadre de coopération mondial afin de prévenir les crises financières telles que celle survenue en 1929. Il a pour « objectif premier » de « veiller à la stabilité du système monétaire international », explique l’institution sur son site. Il a également pour mission de faciliter les échanges internationaux, de contribuer à un niveau élevé d’emploi et de faire reculer la pauvreté. Au quotidien, le FMI suit la situation de tous les pays et encourage ses États membres « à adopter des politiques économiques saines ». Il accorde des prêts aux pays membres qui rencontrent des difficultés financières, conditionnés à la mise en œuvre de réformes visant à redresser leur situation. Les décisions sont prises par les 189 pays membres, représentés par un Conseil des gouverneurs, ces derniers étant en général les ministres des Finances ou les gouverneurs de la banque centrale des pays membres. Selon un usage, le directeur du Fonds monétaire international (FMI) est désigné par les pays européens tandis que le président de la Banque mondiale, un organisme de financement du développement, est choisi par le président des États-Unis.

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