Le marché des matières premières | Quelle est l’invention à l’origine de la création du Post-it ?

Cette semaine, dans Brief.eco, nous nous penchons sur le marché des matières premières. Nous nous intéressons à la part des femmes dans la population active de l’Union européenne. Nous vous expliquons ce qu’est la Fed et nous vous posons une question sur le Post-it.

Ça compte

PLAN DE RELANCE

La Commission européenne, l’organe exécutif de l’UE, a validé la semaine dernière les plans de relance de l’Espagne, du Portugal et de la Grèce. Après avoir également entériné hier ceux de l’Allemagne et de l’Italie, elle doit se prononcer cet après-midi sur le plan français. La France compte sur un financement de 40 milliards d’euros de la part de l’UE pour réaliser son plan de 100 milliards d’euros. Le plan de relance européen est doté d’un montant total de 750 milliards distribués aux États membres pour partie en prêts et pour partie en subventions.

kickerLire les explications de B‌r‌i‌e‌f‌.‌m‌e sur le plan de relance européen.
ASSURANCE CHÔMAGE

Le Conseil d’État, la plus haute juridiction administrative en France, a suspendu hier les nouvelles règles de calcul de l’allocation chômage qui devaient entrer en vigueur le 1er juillet. Saisi par plusieurs organisations syndicales, il a justifié cette décision par « une situation économique trop incertaine » pour appliquer immédiatement le nouveau mode de calcul. Le Conseil d’État explique dans un communiqué que les nouvelles règles de calcul « pénaliseront de manière significative » les salariés en contrats courts qui « subissent plus qu’ils ne choisissent l’alternance entre périodes de travail et périodes d’inactivité ».

kickerLire notre article de 2019 sur l’assurance chômage.
PAC

La Cour des comptes européenne, chargée de contrôler la gestion financière de l’Union européenne, a critiqué la politique agricole commune (PAC) dans un rapport publié lundi. Elle explique que les émissions de gaz à effet de serre dues à l’agriculture n’ont pas baissé depuis 2010 alors que 100 milliards d’euros, soit un quart du budget de la PAC entre 2014 et 2020, étaient destinés à lutter contre le changement climatique. La Cour des comptes européenne reproche également à la PAC de soutenir des « pratiques climaticides, notamment en finançant les agriculteurs qui cultivent des tourbières asséchées ».

kickerLire notre article sur la politique agricole commune.
BRÉSIL

Le Parlement brésilien a voté lundi la privatisation d’Eletrobras, première compagnie d’électricité d’Amérique latine. Le projet, qui fait partie d’un vaste plan de privatisations prévu par le président brésilien, Jair Bolsonaro, prévoit que l’État vende d’ici début 2022 une partie de ses actions pour faire descendre sa participation de 51,8 % aujourd’hui à 45 %. L’opposition de gauche a estimé pendant les débats que cette opération pourrait entraîner une hausse des prix.

On fait le point

Le marché des matières premières

Face à la hausse du prix de certaines matières premières depuis le début de l’année, la Confédération des PME a formulé mardi dernier une série de recommandations au gouvernement afin de soutenir les entreprises en difficulté. Les cours et les prix des matières premières, qui peuvent s’échanger dans des bourses de commerce, sont soumis aux aléas climatiques et aux cycles économiques.

L’actu

La CPME, la Confédération des PME – qui défend les intérêts des petites et moyennes entreprises –, a présenté mardi dernier une série de recommandations au gouvernement afin de soutenir les entreprises mises en difficulté par la hausse du prix de certaines matières premières, comme les métaux ferreux ou le caoutchouc, depuis le début de l’année. Face à la hausse du prix des métaux non ferreux (aluminium, cuivre, zinc), l’agence chinoise de planification économique a annoncé jeudi dernier que le pays mettrait sur le marché des stocks issus des réserves nationales.

« La relance de l’économie française est perturbée depuis plusieurs mois par des difficultés d’approvisionnement et l’envolée du prix des matières premières », souligne la CPME dans un communiqué. Elle propose par exemple d’adapter les contrats en cours en raison des circonstances exceptionnelles. Elle suggère également « que les acheteurs publics acceptent une indexation des prix et qu’ils n’appliquent pas de pénalité de retard ».

Selon une enquête menée par la CPME auprès de 2 060 dirigeants en mai 2021, 59 % d’entre eux se disent touchés par la hausse du prix des matières premières. « Parmi les dirigeants dans l’industrie et la construction, la part de ceux qui sont confrontés à des hausses du prix des matières premières culmine à 93 % », précise la CPME.

Clin d’oeil
L’éclairage
Une répartition inégalitaire

Les matières premières sont des ressources issues de la nature comme les produits agricoles (cacao, blé, etc.), les combustibles (pétrole, charbon, etc.) ou les minerais (or, fer, etc.). « Ces produits ont tous un point commun : ils sont liés à la terre, à un territoire et très inégalement répartis sur la planète », expliquent le chercheur en géopolitique Bastien Alex et l’économiste Sylvie Matelly dans un article publié en 2011. Les matières premières, ajoutent-ils, sont « le fondement même de toute production donc de toute création de richesse ». Dans son ouvrage « Soutenir le développement des économies minières », paru en 1993, l’économiste britannique Richard Auty énonce la théorie de la « malédiction des ressources ». Il constate que les pays en développement qui disposent d’importantes ressources comme le gaz, le pétrole ou encore les minerais, affichent de moins bons indicateurs économiques que les pays dépourvus de ressources. Il explique ce paradoxe par une mauvaise gouvernance ou encore par les risques et les incertitudes liés à la volatilité du prix des ressources.

Les effets de la mondialisation

Les échanges de matières premières se sont accélérés avec la mondialisation (l’interdépendance entre les économies) et le développement du transport maritime. Les « révolutions technologiques successives », telles que les bateaux à vapeur, les bateaux frigorifiques ou les vraquiers (qui transportent des marchandises en vrac), « ont progressivement réduit les coûts de transport des matières premières en vrac de près de 90 % entre les années 1870 et les années 1990 », explique dans un article publié en 2010 l’économiste suédois Marian Radetzki. Il avance que « la mondialisation des marchés des matières premières a eu pour effet notable d’accroître la dépendance des centres manufacturiers mondiaux, d’abord l’Europe, suivie du Japon et des États-Unis, et plus récemment de la Chine, à l’égard des produits importés ».

+50 %

Entre le 13 juin 2020 et le 13 juin 2021, l’indice Bloomberg Commodity, qui représente les indices de plus d’une vingtaine de matières premières différentes comme le pétrole, le coton ou encore le maïs, a augmenté de près de 50 %, à 6 666 points, soit son niveau le plus élevé depuis l’année 2000.

Les bourses de matières premières

Les matières premières sont principalement échangées dans des bourses de commerce comme celle de Chicago spécialisée dans les produits agricoles. La plupart des transactions ont lieu sur les marchés à terme permettant aux acheteurs et aux vendeurs de se couvrir contre des évolutions imprévisibles du prix des produits. Par exemple, un producteur de maïs souhaite vendre sa future récolte à 150 euros la tonne. Il souscrit un contrat à terme l’engageant à vendre dans six mois sa tonne de maïs à ce prix. Le jour J, le cours du maïs est de 100 euros. Le producteur vend sa récolte à ce prix sur le marché comptant, mais compense l’écart de 50 euros grâce à son contrat à terme. « Les contrats à terme attirent également des investisseurs qui ne s’intéressent pas à la marchandise en tant que telle, mais qui souhaitent réaliser un profit spéculatif », estimait en juin 2010 la FAO, une agence de l’ONU consacrée à l’alimentation et l’agriculture.

Un marché volatil soumis aux aléas

Les prix des « matières premières sont très volatiles. Ils dépendent de l’offre et de la demande mondiale », explique l’OCDE, qui réunit 38 pays parmi les plus développés du monde, dans un ouvrage publié en 2012. Selon elle, « les pays cantonnés à la monoexportation de matières premières, comme de nombreux pays africains ou le Venezuela, par exemple, avec le pétrole, sont à la merci de la chute des cours ». Dans un article publié en 2016, l’économiste français Emmanuel Hache avance que les fortes hausses des cours sur les marchés ont été provoquées par des crises économiques ou des aléas climatiques. Après une chute en 2020, le prix des matières premières a connu une hausse importante depuis le début de l’année 2021. Cette hausse provient dans certains cas de problèmes de production. Par exemple, la sécheresse au Brésil en mars-avril a affecté le prix du maïs. Elle provient aussi d’une forte demande dans certains pays comme la Chine ou les États-Unis. Par exemple, la construction immobilière aux États-Unis depuis le début de l’année a alimenté une hausse du prix du bois.

Pour aller plus loin
MALÉDICTION DES RESSOURCES

Spécialiste d’économie du développement, Gilles Carbonnier détaille dans un article publié en 2013 la théorie de la malédiction des ressources naturelles. Il revient sur plusieurs exemples historiques tels que la « maladie hollandaise » qui fait référence aux difficultés rencontrées par les Pays-Bas à la suite de la découverte d’importants gisements gaziers dans les années 1950 et 1960.

kickerLire l’article.
MARCHÉS DES MATIÈRES PREMIÈRES

Dans une vidéo publiée en 2018 sur une chaîne YouTube, l’économiste français Philippe Chalmin, spécialiste des marchés des matières premières, explique leur fonctionnement et leurs origines.

kickerVoir la vidéo.

En chiffres

La part des femmes dans la population active de l’Union européenne

Entre 2010 et 2020, la part des femmes dans la population active de la France a augmenté d’un point, pour atteindre 48,6 %, selon une étude publiée lundi dernier par l’institut d’études statistiques Insee, à partir de données de l’institut européen de statistiques Eurostat. Elle est supérieure de plus de deux points à la part moyenne des femmes dans la population active dans les pays de l’Union européenne.

Le Portugal (50,2 %), la Lettonie (49,6 %) et Lituanie (49,5 %) sont les trois pays de l’UE à présenter une part de femmes dans la population active plus élevée que la France. Le rééquilibrage entre les femmes et les hommes dans la population active en France « s’explique par une tertiarisation et une salarisation accrues des métiers féminins ainsi que par une scolarisation plus importante chez les femmes », précise la sociologue française Maëva Durand dans un article publié en 2019.

La population active comprend les personnes exerçant un travail (au moins une heure dans une semaine donnée) ou en cherchant un (personnes au chômage). En 2019, la population active était de 29,2 millions de personnes âgées de 15 à 64 ans en France, selon l’Insee.

Le mot dans l’actu

Réserve fédérale

POURQUOI ON EN PARLE.  

La Réserve fédérale (Fed), la banque centrale américaine, a annoncé mercredi dernier qu’elle laisserait inchangé son taux directeur (le taux d’intérêt des prêts qu’elle accorde aux banques commerciales pour répondre à leurs besoins de liquidité), proche de zéro, en 2021 et 2022. La Fed a également révisé ses prévisions de croissance pour les États-Unis, anticipant désormais une hausse du PIB (la production totale de biens et de services) de 7 % en 2021, contre 6,5 % estimés en mars.

EN QUOI ÇA CONSISTE.  

La Réserve fédérale (Fed) est la banque centrale américaine. Elle assure le bon fonctionnement du système monétaire et financier des États-Unis. Elle a été créée en 1913 par le Federal Reserve Act, après une série de crises bancaires, dont une panique bancaire en 1907, pour remplacer un système réunissant des banques nationales afin d’assurer la stabilité monétaire.

La Fed est indépendante du pouvoir politique, même si son président et les six autres membres de son Conseil des gouverneurs sont nommés par le président des États-Unis. 12 banques régionales sont associées à sa gouvernance. Sur son site, la Fed explique que le Parlement américain « a structuré la Réserve fédérale pour assurer que les décisions de politique monétaire se concentrent sur des objectifs à long terme et ne soient pas sujettes à des pressions politiques qui pourraient conduire à des résultats non désirables ».

Le Parlement américain a « fixé l’emploi maximum et les prix stables comme les objectifs macroéconomiques clés pour la Réserve fédérale dans la conduite de la politique monétaire », précise l’institution sur son site. Elle est également chargée de préserver des taux d’intérêt à long terme modérés dans l’économie américaine. La définition des objectifs de la Banque centrale européenne diffère en prenant en compte « la stabilité des prix » et la préservation du pouvoir d’achat de la monnaie, mais pas le plein emploi.

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