L’occupation de l’espace par les satellites | Où consomme-t-on le plus de café ?

Cette semaine, dans Brief.eco, nous nous penchons sur l’occupation de l’espace par les satellites. Nous nous intéressons aux plus importantes levées de fonds en France. Nous vous expliquons ce qu’est le cloud computing et nous vous posons une question sur la consommation de café.

Ça compte

CONJONCTURE

Le PIB (la production totale de biens et services) de la France s’est contracté de 0,1 % au premier trimestre 2021 par rapport au trimestre précédent, selon des chiffres publiés vendredi dernier par l’institut national de statistiques Insee. Il s’agit d’une révision des chiffres communiqués le mois dernier, qui faisaient état d’une progression de 0,4 % sur ce trimestre. Le déficit public, qui s’élevait à 9,2 % du PIB en 2020, devrait atteindre 9,4 % du PIB en 2021, contre des prévisions antérieures de 9 %, selon des estimations données par le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, lundi sur France 2.

kickerLire notre article sur la dette des États.
SOUTIEN ÉCONOMIQUE

Depuis mardi, la part de la perte du chiffre d’affaires indemnisée par l’État est plafonnée à 40 % dans le cadre du fonds de solidarité mis en place pour les entreprises les plus affectées par la crise liée au Covid-19 (secteurs « protégés »). Ce chiffre va descendre à 30 % en juillet et 20 % en août, a précisé le ministère de l’Économie fin mai. En ce qui concerne le chômage partiel, les salariés bénéficiaires sont toujours indemnisés à hauteur de 70 % de leur salaire brut, mais la part prise en charge par l’État baisse depuis mardi dans les secteurs non protégés.

kickerLire notre définition du fonds de solidarité.
RELANCE

Le Conseil européen, qui réunit les dirigeants des États membres de l’UE, a annoncé lundi avoir reçu les notifications formelles des 27 États membres permettant à la Commission européenne de commencer aujourd’hui un processus d’émission de dette pour le financement du plan de relance européen. La Commission européenne a prévu d’emprunter environ 150 milliards d’euros par an entre mi-2021 et 2026.

kickerLire notre article sur le plan de relance.
AUTOMOBILE

Les ventes de voitures hybrides, qui combinent un moteur thermique et un moteur électrique, ont quasiment égalé les ventes de voitures diesel entre janvier et mai, selon les données publiées mardi par le Comité des constructeurs français d’automobiles, un syndicat professionnel. Sur les cinq premiers mois de l’année, les voitures hybrides ont représenté 23,6 % des ventes de voitures en France (contre 10,9 % entre janvier et mai 2020) et les voitures diesel 23,7 % des ventes (contre 32,4 % entre janvier et mai 2020). La part des voitures électriques s’est établie à 7,1 % entre janvier et mai 2021.

kickerLire notre article sur le développement de la voiture électrique.

On fait le point

L’occupation de l’espace par les satellites

Le PDG d’Arianespace a estimé jeudi dernier que le projet de constellation de satellites de SpaceX risquait d’entraîner une « monopolisation » du marché de l’espace. Les satellites, dont les usages sont multiples, sont de plus en plus nombreux dans l’espace grâce à une réduction des coûts de fabrication.

L’actu

Le PDG de la société aérospatiale française Arianespace, Stéphane Israël, a estimé jeudi dernier, lors d’un sommet sur les enjeux du spatial civil, que Starlink, le projet de constellation de satellites de SpaceX, risquait d’entraîner une « monopolisation » du marché de l’espace.

Ce service de l’entreprise aérospatiale américaine dirigée par Elon Musk vise à apporter l’internet à très haut débit dans des zones mal couvertes. Sur les 42 000 satellites de la constellation qu’il prévoit d’envoyer dans l’espace, SpaceX en a déployé 1 677. Le réseau internet de Starlink est disponible en France depuis le 10 mai.

Selon Stéphane Israël, « il va y avoir de plus en plus de tensions autour de ces déploiements ». Il estime que « nous devons tous nous engager pour un espace durable et responsable », tout en refusant « un espace Far West ».

Clin d’oeil
L’éclairage
L’intérêt des satellites

Les satellites servent à fournir des services de télécommunications, de diffusion de programmes de télévision, de prévisions météorologiques, de renseignement pour les États ou encore de navigation (avec les technologies type GPS). Chaque utilisateur de smartphone utilise par exemple quotidiennement les services fournis par 40 satellites, selon Alain Wagner, directeur des Affaires gouvernementales d’Airbus Defence & Space, une division du constructeur européen Airbus. Les satellites ont une dimension à la fois stratégique et économique pour les pays. « L’exploitation de l’espace est bénéfique dans de nombreux domaines, comme la surveillance du climat et de la météorologie, l’accès aux soins de santé et à l’éducation, la gestion de l’eau, l’efficacité dans les transports et l’agriculture, le maintien de la paix, la sécurité et l’aide humanitaire », expliquait la directrice du Bureau des affaires spatiales des Nations Unies dans un article publié en 2019.

Le coût de l’accès à l’espace s’est réduit

De nombreux États et entreprises détiennent et exploitent des satellites, mais peu de pays disposent des infrastructures pour les lancer dans l’espace. Le coût d’accès à l’espace s’est toutefois réduit ces dernières années, en particulier grâce à des partenariats entre le privé et le public. L’entreprise américaine SpaceX, qui a noué un partenariat avec la Nasa, l’agence spatiale américaine, a développé une technologie lui permettant de récupérer et de « refaire voler les parties les plus chères de la fusée, ce qui conduit à une baisse du coût de l’accès à l’espace », explique-t-elle sur son site. « Le développement des nanotechnologies et la miniaturisation des composants électroniques et mécaniques permettent la fabrication de satellites de taille et de masse réduites » et « abaissent considérablement le coût d’accès à l’espace », explique dans une note publiée en 2019 l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, un organe d’information parlementaire.

3 372
satellites

Au 1er janvier, 3 372 satellites étaient en orbite autour de la Terre, selon les données de l’Union of Concerned Scientists, un groupe américain indépendant de scientifiques et de citoyens. Plus de la moitié sont américains, dont une majorité de satellites commerciaux et plus de 400 sont chinois.

L’espace, un bien commun

Un bien commun se définit par le fait qu’il n’est pas exclusif – chacun peut y avoir accès –, mais implique une rivalité – il existe en quantité limitée –, si bien que son utilisation par une personne réduit celle des autres. L’espace est un bien commun : il appartient à tous et ne peut pas être accaparé par un État. Lorsqu’un satellite est mis en orbite, il occupe une place dans l’espace qui n’est alors plus disponible pour d’autres. Les activités dans l’espace sont régies par le traité de l’espace de 1967, ratifié par 97 pays, dont l’article 1er précise : « L’exploration et l’utilisation de l’espace extra-atmosphérique, y compris la Lune et les autres corps célestes, doivent se faire pour le bien et dans l’intérêt de tous les pays, quel que soit le stade de leur développement économique ou scientifique. »

La pollution spatiale

Dès 1978, l’astrophysicien américain Donald Kessler imaginait un scénario dans lequel « il pourrait arriver un jour où, ayant dépassé un certain seuil, par réaction en chaîne, le nombre de débris présents rende l’exploitation d’une orbite spatiale physiquement impossible », expliquent les économistes français Marc Deschamps, Sylvain Béal et Hervé Moulin dans un article publié en août 2020. Appelé « syndrome de Kessler », ce scénario pourrait se réaliser selon l’ESA, l’agence spatiale européenne. Elle estime que près de 130 millions de débris spatiaux de 1 millimètre à 1 centimètre se trouvent actuellement en orbite dans l’espace et bien d’autres de taille supérieure. La plupart des débris sont issus de satellites entrés en collision ou défectueux. La pollution spatiale illustre la théorie de la tragédie des biens communs du biologiste américain Garrett Hardin. Dans un article publié en 1968, il explique, en prenant l’exemple d’un pâturage, que parce qu’il est non exclusif tout en étant rival, le bien commun est voué à être surexploité.

Pour aller plus loin
TAXER LA POLLUTION SPATIALE

Dans un article publié en août 2020 sur le site The Conversation, les économistes français Marc Deschamps, Sylvain Béal et Hervé Moulin s’interrogent sur les effets que pourrait avoir une taxe sur la pollution spatiale. Selon eux, elle permettrait de « rendre chacun responsable des effets qu’il engendre sur le bien commun qu’est l’espace ».

kickerLire l’article.
SATELLITES FRANÇAIS

Dans une animation proposée sur son site, le Centre national d’études spatiales, l’agence spatiale française, recense tous les lancements de satellites français entre 1965 et 2017 et détaille leurs fonctions : télécommunications, observation de la Terre ou encore étude de l’atmosphère.

kickerVoir l’animation.

En chiffres

Les principales levées de fonds de sociétés non cotées en France

Les quatre principales levées de fonds de sociétés non cotées en bourse en France ont eu lieu depuis 2020. L’entreprise Contentsquare, spécialisée dans l’analyse du parcours des utilisateurs de sites internet et d’applications mobiles, a annoncé le 25 mai avoir levé 408 millions d’euros, ce qui en fait la plus importante levée de fonds pour une entreprise non cotée en France. Elle devance l’éditeur de jeux vidéo Voodoo (400 millions d’euros en 2020) et le vendeur d’appareils électroniques reconditionnés Back Market (276 millions d’euros en 2021).

Une levée de fonds est une procédure par laquelle une entreprise augmente son capital en émettant de nouvelles actions souscrites par des investisseurs. Cet apport financier lui permet de financer son développement ou de faire face à des pertes. Contrairement à un emprunt bancaire, l’entreprise n’a pas à rembourser l’argent qu’elle reçoit. Les fondateurs voient en échange leur part dans le capital de la société diminuer. Les investisseurs espèrent rentabiliser leur investissement grâce à une revente ultérieure de leurs actions avec une plus-value, ou au versement de dividendes si la société devient bénéficiaire.

L’entreprise peut lever des fonds auprès de différents types d’investisseurs, tels que les « business angels » ou les fonds de capital-risque. Un « business angel » est une personne physique, souvent un ancien entrepreneur, qui décide d’investir dans des entreprises une partie de son patrimoine financier. Une société de capital-risque a pour activité de prendre des participations dans le capital d’entreprises non cotées en bourse.

Le mot dans l’actu

Cloud computing

POURQUOI ON EN PARLE.  

Le groupe de services informatiques français Capgemini et l’opérateur de télécommunications français Orange ont annoncé jeudi dernier leur intention de créer une nouvelle société spécialisée dans le « cloud computing ». Ce service, développé en partenariat avec l’entreprise américaine Microsoft, est principalement destiné à l’État français, à la fonction publique, aux hôpitaux et aux collectivités territoriales.

EN QUOI ÇA CONSISTE.  

Le « cloud computing » ou « informatique en nuage » est un mode de traitement et de stockage « des données d’un client, dont l’exploitation s’effectue par l’internet, sous la forme de services fournis par un prestataire », selon la définition française publiée au Journal officiel en 2010. Il s’agit d’un système permettant l’accès à des ressources informatiques sur des serveurs distants. Avec ces services, les entreprises externalisent leur système d’information.

C’est ainsi que fonctionnent des services d’hébergement de sites web, des services d’e-mail en ligne comme Gmail et Hotmail, des applications de stockage de photos ou des services de vidéo à la demande. Le cloud privé, créé sur mesure pour chaque client, se distingue du cloud public, un service de stockage proposé sur le marché à plusieurs entreprises ou particuliers.

Les entreprises qui ont recours au cloud computing peuvent gagner en puissance de calcul et en capacité de stockage sans avoir à développer leur propre infrastructure. Elles peuvent également bénéficier de services d’hébergement permettant de faire face à des pics de trafic grâce à un étalement de la charge sur plusieurs serveurs.

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