Plan de relance | Quel est le premier producteur de bière au monde ?

Cette semaine, dans Brief.eco, nous nous penchons sur le plan de relance. Nous nous intéressons aux ruptures conventionnelles. Nous vous expliquons ce qu’est un commissariat au Plan et nous vous posons une question sur la production de bière dans le monde.

Ça compte

EDF

Le producteur français d’électricité EDF a lancé mardi la plus importante émission d’obligations vertes convertibles en actions au monde, pour un montant de 2,4 milliards d’euros. Une obligation verte est un titre de dette émis sur un marché financier par une entreprise ou une institution publique en vue de financer des projets contribuant à la transition écologique. EDF s’est fixé en 2015 l’objectif de doubler d’ici 2030 sa capacité nette installée de production d’énergies renouvelables.

kickerLire une analyse sur le site de La Tribune.
VACCIN

Le laboratoire britannique AstraZeneca a annoncé mardi qu’il suspendait pour une durée indéterminée les essais cliniques mondiaux de son vaccin contre le coronavirus en raison de la réaction négative d’un des patients au Royaume-Uni. Son vaccin est en phase finale (phase 3), étape au cours de laquelle il doit être testé sur plusieurs milliers de volontaires. L’Allemagne, la France, l’Italie et les Pays-Bas ont signé en juin un accord avec AstraZeneca pour obtenir jusqu’à 400 millions de doses dès que son vaccin sera prêt.

HYDROGÈNE

Le gouvernement a présenté mardi un plan pour développer la filière française de l’hydrogène décarboné. L’hydrogène est aujourd’hui largement utilisé comme vecteur d’énergie dans l’industrie, dont il concourt à près du quart des émissions de CO2. Le gouvernement souhaite développer un procédé de production d’hydrogène n’émettant pas de CO2 pour décarboner les activités industrielles et en étendre l’utilisation dans les transports. Doté d’un budget de 7 milliards d’euros sur 10 ans, le plan est immédiatement abondé de 2 milliards d’euros issus du plan de relance annoncé la semaine dernière.

kickerLire notre article sur l’annonce de ce plan dans Brief.me.
CONJONCTURE

Dans son point de conjoncture publié mardi, l’institut national de statistiques Insee souligne « le risque d’un choc significatif de demande » : d’une part, « les entreprises sont nombreuses à craindre des pertes de débouchés » en particulier à l’export. D’autre part, « la confiance des ménages dans la situation économique reste inférieure à son niveau d’avant crise » et l’utilisation pour la consommation du surcroît d’épargne enregistré pendant le confinement « reste incertaine ».

kickerLire le point de conjoncture de l’Insee.

On fait le point

Plan de relance

Le gouvernement a présenté jeudi dernier le plan visant à relancer la croissance économique en France après la crise liée au Covid-19. La relance budgétaire est une politique défendue par l’économiste britannique John Maynard Keynes en cas de fléchissement de l’activité.

L’actu

Le Premier ministre, Jean Castex, et plusieurs ministres ont présenté jeudi dernier le plan de relance visant à réagir aux conséquences économiques de la crise sanitaire. Baptisé « France Relance » et prévu pour deux ans, il est doté de 100 milliards d’euros, ce qui représente un tiers du budget annuel de l’État.

Le plan s’organise autour de trois axes : la transition écologique, avec un budget de 30 milliards d’euros, la compétitivité des entreprises, avec 34 milliards d’euros, et la cohésion sociale et territoriale, avec 36 milliards d’euros. Ce plan est présenté comme devant permettre de créer 160 000 emplois en 2021, de retrouver d’ici 2022 le niveau que l’activité avait en 2019 et de « bâtir la France de 2030 ».

Plusieurs responsables syndicaux, tels que Philippe Martinez de la CGT et Laurent Berger de la CFDT, ainsi que des associations de défense de l’environnement ont regretté que les aides de ce plan ne soient pas conditionnées au respect de certains engagements, en particulier en matière d’emploi et de transition écologique.

Clin d’oeil
L’éclairage
Ce qu’est un plan de relance

Un plan de relance consiste à réactiver le système économique lorsque celui-ci est perturbé par une crise. Il peut mobiliser trois types de politique : monétaire, réglementaire ou budgétaire. Alors que la première est menée par une banque centrale, une institution généralement indépendante du pouvoir politique, les deux autres sont conduites par un gouvernement. La politique réglementaire permet de faire évoluer certaines règles pour influer sur le comportement des entreprises et des ménages ou modifier leurs revenus. L’exécutif français recourt à cet outil lorsqu’il met en place un dispositif de chômage partiel de longue durée. Lorsqu’elle vise la relance, la politique budgétaire consiste à accroître les dépenses publiques, le plus souvent en creusant le déficit public. La relance budgétaire a été théorisée par l’économiste britannique John Maynard Keynes après la crise de 1929.

Relance par la consommation

Une politique de relance budgétaire peut porter sur la consommation, sur l’investissement ou combiner les deux. Dans le premier cas, elle consiste à accroître le pouvoir d’achat des consommateurs, par exemple à travers une réduction des impôts. L’Allemagne a fait ce choix puisque son plan de relance, présenté début juin, inclut une baisse de la TVA jusqu’à la fin de l’année. Le plan de relance français comprend peu de mesures de soutien à la consommation. Celles qui ont été adoptées visent les plus modestes, comme l’instauration des repas à 1 euro au lieu de 3,30 euros dans les restaurants universitaires pour les étudiants boursiers. Le gouvernement justifie ce choix par le fait que le dispositif de chômage partiel a préservé les revenus des ménages. Il pointe aussi l’épargne qu’ils ont pu constituer entre mars et juillet. Elle s’élève à 85,6 milliards d’euros, selon la Banque de France.

Relance par l’investissement

La relance budgétaire par l’investissement consiste à accroître les investissements publics (État, collectivités ou entreprises publiques) ou à soutenir ceux des entreprises ou des ménages. Le gouvernement français agit sur ces leviers, par exemple en prévoyant une rénovation thermique des bâtiments publics (4 milliards d’euros) et des aides à l’innovation pour les entreprises (1,95 milliard). La baisse des impôts de production (10 milliards par an) est présentée comme devant permettre aux entreprises de maintenir voire de relocaliser leurs activités sur le territoire.

750 milliards
d’euros

L’Union européenne a adopté en juillet un plan de relance de 750 milliards d’euros. Cette somme sera empruntée par la Commission européenne sur les marchés financiers au nom de l’UE, ce qui constitue une première. Elle répartira ensuite les fonds, qui consistent en des prêts et des subventions, aux différents États membres. La France doit percevoir 40 milliards d’euros de subventions qui sont déjà inclus dans son plan de relance. Les modalités de remboursement de l’emprunt européen ne sont pas encore déterminées.

Le multiplicateur keynésien

Dans les années 1930, John Maynard Keynes développe la théorie du multiplicateur budgétaire selon laquelle une dépense publique va générer des retombées supérieures à la somme initialement injectée. Par exemple, si un État finance la construction d’une école, l’entreprise retenue pour la construire va utiliser l’argent pour payer sa main-d’œuvre et acheter du matériel. Les salariés et le fabricant de matériel vont à leur tour dépenser l’argent reçu, ce qui générera de nouvelles dépenses et ainsi de suite. Cependant, le surplus de revenus peut être épargné ou utilisé pour acheter des biens importés. Dans ce cas, l’effet sur la relance de l’activité nationale est plus limité, voire contre-productif.

L’importance de la confiance

Le succès d’un plan de relance dépend du comportement des ménages et des entreprises. Jean Castex a incité jeudi dernier « toutes les Françaises et tous les Français, les entrepreneurs, à avoir confiance en ce plan, mais aussi en la France ». L’exécutif redoute en particulier l’effet Ricardo-Barro. Cette théorie s’appuie sur les travaux du Britannique David Ricardo (1772-1823) et sur ceux publiés en 1974 par l’Américain Robert Barro. Elle énonce que la politique budgétaire n’a aucun effet sur l’activité, les ménages préférant épargner puisqu’ils anticipent une future hausse des impôts pour rembourser le supplément de dette publique. C’est pour cette raison que l’exécutif a répété à plusieurs reprises que la dette créée par le plan de relance ne serait pas remboursée par une hausse des impôts, mais par la croissance future.

Pour aller plus loin
MULTIPLICATEUR BUDGÉTAIRE

Le site de vulgarisation économique La Finance pour tous détaille ce qu’est le multiplicateur budgétaire. Il revient sur les circonstances de sa naissance et présente les principaux arguments de ses défenseurs et de ses détracteurs.

kickerLire l’article.
EFFET RICARDO-BARRO

Le cercle de réflexion économique Partageons l’Éco présente dans une analyse pédagogique ce qu’est l’effet Ricardo-Barro. Il en souligne aussi les limites.

kickerLire l’analyse.

En chiffres

Les ruptures conventionnelles

Après une forte chute pendant le confinement, le nombre de ruptures conventionnelles est reparti à la hausse en juin, avec un rebond de 149 %, et s’est maintenu à un niveau élevé en juillet, selon une étude publiée la semaine dernière par la Dares, le service de statistiques du ministère du Travail. Entre janvier et juillet, plus de 220 000 ruptures conventionnelles ont été homologuées, contre près de 260 000 sur la même période l’an dernier.

Créée en 2008 sous la présidence de Nicolas Sarkozy, la rupture conventionnelle permet à un employeur et à un salarié en contrat à durée indéterminée (CDI) de mettre fin d’un commun accord au contrat de travail qui les lie. C’est une possibilité alternative au licenciement, décidé par l’employeur, et à la démission, décidée par le salarié.

Elle permet au salarié de bénéficier d’allocations chômage ainsi que d’une indemnité de rupture, dont le montant ne peut être inférieur à celui de l’indemnité légale de licenciement. Selon une autre étude de la Dares publiée en mars, l’indemnité médiane était en 2019 d’un peu moins de 1 000 euros pour les employés et de 5 500 euros pour les cadres.

Le mot dans l’actu

Commissariat au Plan

POURQUOI ON EN PARLE.  

Le président du MoDem, François Bayrou, a été nommé jeudi dernier en Conseil des ministres haut-commissaire au Plan et à la Prospective, un poste consacré à la planification. Le président de la République avait souligné fin août le besoin d’une « instance qui réfléchit à plus long terme et avec moins de contraintes, en connaissant le pays ».

EN QUOI ÇA CONSISTE.  

Le premier commissariat au Plan (CGP) a été créé en 1946 par le général de Gaulle, après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Son objectif est de reconstruire le pays en ayant recours à la planification, un processus qui consiste à fixer des objectifs et à déterminer les moyens et les étapes nécessaires pour les réaliser.

La planification alors mise en œuvre en France est indicative et non coercitive, contrairement à la planification soviétique qui administre la totalité de l’économie. Le CGP a mis en place une dizaine de plans qui ont défini la politique industrielle de la France et sont à l’origine du développement de la filière nucléaire, de l’avion Concorde ou encore du TGV.

Le CGP devient le Centre d’analyse stratégique en 2006, puis France Stratégie en 2013, tous deux chargés de réaliser des études et d’aider le gouvernement à la décision. « Ces deux transformations successives actent la fin de l’idéologie de la planification où l’État prend des décisions en matière de politique industrielle », analyse l’économiste Nathalie Janson dans une tribune publiée dans The Conversation.

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