La spéculation boursière | Quel est l’élément graphique principal sur les billets en euros ?

Cette semaine, dans Brief.eco, nous nous penchons sur la spéculation boursière. Nous nous intéressons à la consommation des ménages. Nous vous expliquons ce qu’est le fonds de solidarité et nous vous posons une question sur les billets en euros.

Ça compte

BOEING

L’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) a donné mercredi dernier son accord pour la reprise des vols du Boeing 737 Max, qui étaient interdits depuis mars 2019 à la suite de deux accidents mortels en moins de cinq mois. L’EASA explique avoir exigé une mise à jour des logiciels défectueux impliqués dans les accidents et une formation spécifique des pilotes pour s’assurer qu’ils « connaissent parfaitement » les modifications apportées aux équipements.

kickerÉcouter la chronique de Franceinfo sur le retour du Boeing 737 Max.
ARMÉE

La ministre des Armées, Florence Parly, a annoncé vendredi dernier la commande de 12 avions de combat Rafale au constructeur français Dassault Aviation destinés à l’armée de l’Air et de l’Espace. Ces nouveaux avions doivent remplacer les 12 Rafale de l’armée vendus d’occasion à la Grèce. La loi de programmation militaire, promulguée en 2018, prévoit par ailleurs une commande de 28 Rafale dont la production doit débuter en décembre 2022.

kickerLire notre article sur le commerce des armes.
FRANCE

Le PIB (la production totale de biens et de services) a chuté de 8,3 % durant l’année 2020, alors qu’il avait augmenté de 1,5 % en 2019, selon une note publiée vendredi dernier par l’institut national de statistiques Insee. Le nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité (catégorie A de Pôle emploi) a augmenté de 7,5 % en 2020 en France (hors Mayotte), selon les chiffres publiés mercredi dernier par la Dares, le service des statistiques du ministère du Travail. Ces deux indicateurs montrent l’impact de l’épidémie de Covid-19 sur l’économie en 2020.

kickerLire l’article de B‌r‌i‌e‌f‌.‌m‌e sur l’impact de la crise du Covid-19 sur l’emploi.
CHINE

La Chine a lancé lundi son premier marché national du carbone, un système d’échange de quotas d’émissions de gaz à effet de serre pour plafonner les émissions du pays, selon l’agence de presse Chine Nouvelle. En septembre, le président chinois, Xi Jinping, avait annoncé que la Chine visait désormais la neutralité carbone (l’équilibre entre les émissions de gaz à effet de serre et leur élimination de l’atmosphère) pour 2060.

On fait le point

La spéculation boursière

De nombreux particuliers ont acheté la semaine dernière les actions d’une entreprise pour mettre en difficulté des fonds spéculatifs qui avaient parié sur la baisse de son titre. Les spéculateurs ont recours à des mécanismes dont les effets sur les marchés financiers divisent les économistes.

L’actu

Les membres d’un groupe de discussion sur le site américain Reddit ont décidé la semaine dernière de s’encourager mutuellement à acheter des titres financiers du distributeur de jeux vidéo GameStop, propriétaire de l’enseigne Micromania en France, pour contrer la stratégie de plusieurs fonds spéculatifs. Ces derniers avaient misé sur une baisse du cours de l’action de l’entreprise américaine, qui connaît des difficultés face à ses concurrents en ligne.

L’action de GameStop est passée de 17 dollars le 4 janvier à 43 dollars le 21 janvier, puis à 339 dollars le 27 janvier. Mis en difficulté par la forte hausse de l’action, le fonds Melvin Capital a enregistré une lourde perte sur les positions qu’il avait prises.

L’organisme de contrôle des marchés financiers aux États-Unis a annoncé mercredi dernier qu’il était en train d’« évaluer la situation » sur la forte volatilité du titre GameStop et ceux d’autres entreprises telles que la chaîne de cinémas AMC et le fabricant de téléphones BlackBerry, auxquelles des petits actionnaires ont décidé d’appliquer la même stratégie.

Clin d’oeil
L’éclairage
Les bulles spéculatives

Lorsque « des individus investissent dans des actifs dont ils anticipent, de façon exagérément optimiste, que les prix vont continuer d’augmenter », ils ont des comportements spéculatifs contribuant à la formation d’une « bulle », explique la Banque de France, la banque centrale française. Dans une étude, cette dernière définit la bulle spéculative « comme un écart important et persistant du prix d’un actif par rapport à sa valeur fondamentale » [PDF]. Lorsque les anticipations se retournent, les prix baissent de manière brutale et cette bulle spéculative éclate, pouvant provoquer une crise financière comme celle des « subprimes » en 2007. Dans un article publié en 1999, l’économiste français André Orléan estime que les bulles spéculatives sont le résultat de comportements mimétiques de la part des investisseurs. « Il est rationnel de copier les autres si ceux que nous imitons en savent plus que nous. Dès lors que nous imitons des agents qui eux-mêmes copient, l’imitation cesse d’être rationnelle », écrit l’économiste.

Les fonds spéculatifs

La spéculation boursière est le fait d’acheter ou de vendre des titres financiers avec pour objectif de réaliser une plus-value à court terme. La spéculation s’oppose à l’investissement boursier classique par sa prise de risque. Les fonds spéculatifs ou hedge funds sont des fonds d’investissement alternatifs se fixant un objectif de performance élevée, que les marchés financiers soient orientés à la hausse ou à la baisse. Peu réglementés, ils ne sont pas destinés au grand public. Ils gèrent des montants importants confiés par des clients privés fortunés ou des investisseurs institutionnels connaissant bien les marchés tels que les banques, les fonds de pension ou les fondations privées. En 2011, l’Union européenne a adopté une directive pour réglementer et surveiller les fonds d’investissement alternatifs, qui comprennent les fonds spéculatifs, dont les activités peuvent « répandre les risques dans le système financier ou les amplifier ».

3 600
milliards de dollars

L’encours des fonds spéculatifs, c’est-à-dire la valorisation de leurs placements, s’est élevé à 3 600 milliards de dollars à la fin 2020, en hausse de 8,4 % par rapport à 2019, selon un rapport de Hedge Fund Research, une entreprise qui fournit des indices et des bases de données sur les fonds spéculatifs. Cet encours a connu la plus forte croissance d’actifs de l’histoire du secteur au quatrième trimestre de 2020, selon Hedge Fund Research.

La technique de short selling et le recours aux produits dérivés

Les fonds spéculatifs ont recours à plusieurs mécanismes. La vente à découvert ou short selling consiste à emprunter des actions à un courtier pour les vendre, dans l’objectif de les racheter plus tard à un prix qui aura baissé pour les lui rendre. En 2020, en raison de la crise du Covid-19, l’Autorité des marchés financiers, une autorité indépendante, a interdit temporairement les ventes à découvert en France. Elle estime qu’elles peuvent « menacer la confiance des investisseurs » lorsqu’elles « se font à grande échelle ». Les fonds spéculatifs ont également recours aux produits dérivés, des instruments financiers dont la valeur dépend d’un actif dit sous-jacent comme une action ou une matière première. Les produits dérivés permettent de se couvrir contre un risque de fluctuation des cours de matières premières ou de taux de change, mais sont aussi utilisés pour spéculer sur les variations des marchés financiers.

Le rôle de la spéculation

Pour certains économistes, les spéculateurs jouent un rôle de stabilisateur sur les marchés financiers. « En se portant acquéreurs de titres quand les prix de marché sont bas et vendeurs lorsqu’ils sont élevés, ils atténuent les variations extrêmes », explique l’économiste français Gunther Capelle-Blancard dans un article publié en 2009. L’économiste français Dominique Plihon estime dans un article de l’Encyclopedia Universalis que le rôle des spéculateurs « paraît même indispensable puisqu’ils acceptent, en espérant un gain, de prendre un risque que les autres participants ne souhaitent pas courir ». Selon lui, « si le prix d’une action baisse, et si cette dépréciation est jugée temporaire, les spéculateurs l’achètent, anticipant son redressement ultérieur. Cette opération d’achat fait remonter le cours de l’action ».

Pour aller plus loin
BULLE SPÉCULATIVE

Quelle a été la première bulle spéculative de l’histoire ? Quelles en sont les causes ? Dans une note explicative, la Banque de France détaille les mécanismes de formation des bulles spéculatives.

kickerLire le document.
PRODUITS DÉRIVÉS

Les produits dérivés sont des instruments financiers variés et complexes. Dans une vidéo instructive, le Youtubeur et ancien trader Heu?reka explique comment ces instruments prisés des spéculateurs fonctionnent et quelle est leur utilité sur les marchés financiers.

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En chiffres

Les dépenses de consommation des Français

Les dépenses de consommation des ménages en France ont diminué de 4,9 % en 2020 par rapport à 2019, selon une étude publiée la semaine dernière par l’institut d’études statistiques Insee. L’année 2020 a été marquée par deux confinements qui ont débuté le 17 mars et le 30 octobre.

Les mesures sanitaires prises par le gouvernement ont largement modifié les habitudes de consommation des Français. Par rapport à la même période de l’année précédente, leurs dépenses de consommation ont diminué de 32,6 % en avril et de 16 % en novembre.

La levée des deux confinements a été marquée par une forte reprise. Après la fin du premier confinement le 11 mai, les dépenses de consommation se sont redressées, mais n’ont retrouvé qu’en juin leur niveau de 2019, en ne le dépassant alors que légèrement. Après la baisse de novembre, les dépenses des Français ont dépassé en décembre leur niveau de l’année précédente (+3,7 %), grâce à la réouverture le 28 novembre de l’ensemble des magasins et au report de l’opération commerciale du « Black Friday », précise l’Insee.

Le mot dans l’actu

Fonds de solidarité

POURQUOI ON EN PARLE.  

Le ministre de l’Économie a annoncé lundi que les restaurateurs qui décidaient d’ouvrir leurs établissements fermés en raison de la crise sanitaire du Covid-19 seraient « suspendus pendant un mois de l’accès au fonds de solidarité ». En cas de récidive, « ils n’auront plus accès du tout au fonds de solidarité », a précisé le ministre.

EN QUOI ÇA CONSISTE.  

Mis en place le 26 mars par l’État et les régions, le fonds de solidarité est un dispositif d’aide visant à « prévenir la cessation d’activité des petites entreprises, micro-entrepreneurs, indépendants et professions libérales, particulièrement touchés par les conséquences économiques du Covid-19 », explique le ministère de l’Économie sur son site.

Le montant des aides versées dans le cadre du fonds de solidarité a évolué à plusieurs reprises depuis le premier confinement au printemps. Ces aides peuvent aller jusqu’à 200 000 euros par mois en fonction de l’ampleur de la perte de chiffres d’affaires de l’entreprise concernée. Le fonds de solidarité est principalement financé par l’État, les régions et les collectivités d’outre-mer.

Au 1er février, l’État avait distribué des aides à 1,9 million d’entreprises via le dispositif du fonds de solidarité pour un montant de 13,9 milliards d’euros, selon le ministère de l’Économie. Les entrepreneurs individuels ont reçu 44,4 % du montant des aides. Les secteurs de l’hébergement et de la restauration (3,5 milliards d’euros) et du commerce (2,1 milliards d’euros) en sont les principaux bénéficiaires.

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