Lutte contre le dérèglement climatique | Quel pays de l’UE compte le moins de propriétaires de logements ?

Cette semaine, dans Brief.eco, nous nous penchons sur la lutte contre le dérèglement climatique. Nous nous intéressons aux écarts de rémunération entre les femmes et les hommes. Nous vous expliquons ce qu’est la concurrence et nous vous posons une question sur les propriétaires de logements dans l’UE.

Ça compte

« TAXE GAFA »

Les États-Unis ont suspendu mercredi dernier leur participation aux négociations autour d’une taxe visant les grandes entreprises du numérique et permettant d’adapter leur imposition. Ces négociations sont menées au sein de l’OCDE, qui réunit 37 pays parmi les plus développés du monde. La France applique depuis 2019 une taxe spécifique visant ces entreprises, dans l’attente de l’instauration éventuelle d’une taxe internationale.

kickerLire notre sujet sur la taxation des entreprises.
PARACÉTAMOL

Les ministères de l’Économie et de la Santé ont déclaré jeudi dernier dans un communiqué commun que des travaux étaient engagés avec les trois principaux producteurs de paracétamol pour que « d’ici trois ans, la France soit en mesure de reproduire, conditionner et distribuer » cette molécule. Deux jours plus tôt, Emmanuel Macron avait annoncé « une initiative de relocalisation de certaines productions critiques » de médicaments.

FONCTION PUBLIQUE

Un décret publié jeudi dernier a assoupli les règles d’accès à l’assurance chômage des agents publics, fonctionnaires ou non, ainsi que des salariés des entreprises Orange et La Poste qui se retrouvent « involontairement privés d’emploi », en application de la loi de transformation de la fonction publique adoptée en 2019. En particulier, la rupture conventionnelle offre désormais droit à une indemnisation, a précisé le secrétaire d’État chargé de la Fonction publique, Olivier Dussopt.

kickerLire les explications de Capital.
NÉOBANQUES

Les néobanques enregistrent « une croissance parfois spectaculaire du nombre de leurs clients », mais elles « peinent à être rentables » et la plupart d’entre elles ne parviennent pas à dégager des bénéfices, selon une étude publiée vendredi par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, l’organe de supervision français de la banque et de l’assurance. Les néobanques, parmi lesquelles figurent Boursorama ou Monabanq, offrent des services bancaires en ligne ou accessibles uniquement par des applications mobiles.

SUPPRESSIONS D'EMPLOIS

L’équipementier de télécommunications Nokia a annoncé lundi la suppression de 1 233 emplois dans sa filiale française Alcatel-Lucent, soit un tiers de l’effectif. Il s’agit du quatrième plan social en quatre ans pour Alcatel-Lucent. Nokia a justifié ces réductions d’effectif par l’application d’un plan mondial décidé en 2018 visant la recherche d’un « niveau de rentabilité durable » grâce à une amélioration de la productivité et une réduction des coûts.

On fait le point

La lutte contre le dérèglement climatique

149 propositions ont été adoptées dimanche par la Convention citoyenne pour le climat afin de réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre en 2030 par rapport à 1990. La lutte contre le dérèglement climatique a une influence sur la croissance.

L’actu

Après avoir été tirés au sort, 150 Français âgés de 16 à 80 ans ont participé pendant neuf mois à la Convention citoyenne pour le climat, une assemblée citoyenne. Emmanuel Macron leur avait demandé de répondre à cette question : « Comment réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 dans un esprit de justice sociale ? »

Ils ont adopté dimanche 149 propositions parmi lesquelles figurent la réduction de la vitesse sur les autoroutes de 130 km/h à 110 km/h et l’obligation de rénover les bâtiments d’ici 2040. Ils souhaitent introduire dans le droit français un « crime d’écocide » pour réprimer les atteintes graves à l’environnement et modifier la Constitution pour renforcer la prise en compte de l’environnement.

L’Élysée a annoncé que le chef de l’État dirait le 29 juin ce qu’il retient de ces propositions. Il s’était engagé en janvier à les reprendre « sans filtre » et avait évoqué trois pistes d’application : par règlement, à travers un vote au Parlement ou via un référendum.

Clin d’oeil
L’éclairage
Le dérèglement climatique

Des scientifiques ont observé un lien entre les émissions de gaz à effet de serre, en particulier de dioxyde de carbone (CO2), et l’élévation de la température de l’atmosphère dans les années 1970. Depuis 1995, une « Conférence des parties » (COP) réunit chaque année les pays membres de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. L’objectif de ces rencontres est de réduire les émissions de gaz à effet de serre sans compromettre le développement économique des pays. En 2015, lors de la COP21, 194 pays et l’UE ont approuvé l’accord de Paris qui prévoit de contenir l’élévation de la température en fixant des objectifs juridiquement non contraignants. En 2017, la Chine représentait 27 % des émissions mondiales de CO2, les États-Unis 15 % et l’UE 10 %, selon des données fournies par le consortium scientifique Global Carbon Project.

Un bien public mondial

L’air pur, la qualité du climat ou les connaissances scientifiques sont des biens publics mondiaux. Un bien public est un bien non rival, ce qui signifie que sa consommation par une personne n’affecte pas la quantité disponible pour les autres agents. Les biens publics mondiaux « n’appartiennent à personne, mais sont fournis par une puissance publique ou par la nature, qui les mettent à la disposition de tout le monde », précise la professeure d’économie Katheline Schubert dans un article publié en 2009 en France. Quand un bien public est fourni par la nature, il semble gratuit et inépuisable jusqu’au moment où le constat de sa dégradation pose la question de sa préservation. « En l’absence d’une institution représentant la communauté internationale et placée au-dessus des États, la seule manière de procéder est de recourir à la négociation entre États», affirme Katheline Schubert.

46 %
des émissions de CO2 sont dues à la production d'énergie

Selon un rapport de l’Agence internationale de l’énergie, une organisation regroupant 30 pays parmi les plus industrialisés du monde, la production d’électricité et de chaleur représentait, en 2017, 41 % des émissions de CO2 dues à la combustion des énergies fossiles et les autres secteurs de l’énergie 5 %. Les transports représentaient 24 % des émissions, l’industrie et la construction 19 %, le secteur résidentiel 6 % et les 5 % restants provenaient des autres secteurs, principalement des services et des commerces.

Dissuader les émissions de CO2

Plusieurs économistes ont réfléchi à la façon de limiter les dommages pour l’environnement liés aux activités productives. En économie, les émissions de CO2 causées par l’activité humaine font partie des externalités négatives, c’est-à-dire des effets non monétaires qu’une activité produit sur une autre personne ou sur la société. Pour réduire les externalités négatives, l’économiste britannique Arthur Cecil Pigou (1877-1959) défend l’instauration de taxes. C’est le principe de la taxe carbone, appliquée en France depuis 2014 sous la forme d’une « contribution climat-énergie » incluse dans des taxes déjà existantes. L’économiste britannique Ronald Coase (1910-2013) propose une autre solution : attribuer aux acteurs économiques des droits de propriété sur les biens publics à protéger, comme l’air pur, qui puissent être achetés par des entreprises polluantes et qu’elles puissent s’échanger.

Les effets sur la croissance

La lutte contre le réchauffement climatique peut avoir des effets contraires sur la croissance économique. L’OCDE, qui réunit 37 pays parmi les plus développés au monde, estime dans un rapport publié en 2017 que le respect de l’accord de Paris permettrait d’augmenter de 2,8 % d’ici 2050 le produit intérieur brut (PIB) des pays du G20 (les 20 principales puissances économiques de la planète), grâce à la réduction de certains risques, à l’augmentation des investissements et la création de nouvelles activités. Dans un article publié en 2009, l’économiste américain Robert Mendelsohn estime qu’une lutte « excessive » contre le changement climatique constitue une véritable « menace » pour la croissance économique mondiale en contraignant les entreprises à des dépenses supplémentaires. Certains économistes tels que le Français Laurent Éloi appellent à un changement de modèle de développement où la croissance ne serait plus le principal objectif.

Pour aller plus loin
BIEN PUBLIC MONDIAL

Dans son site de vulgarisation économique à destination des étudiants, le professeur d’économie et de gestion Ben El Arbi Sabbar définit le bien public mondial. Il précise comment il peut être géré et quelles sont les limites de la gouvernance mondiale.

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LIENS ENTRE CLIMAT ET CROISSANCE

Dans le site The Conversation, un média publiant des articles d’universitaires, le professeur en sciences économiques Olivier Damette démontre, études à l’appui, les liens « très étroits » entre le climat et la croissance économique. Ainsi, selon lui, 20 % de l’écart de PIB entre les pays africains et les régions les plus riches de la planète sont directement attribuables au climat.

kickerLire l’article.

En chiffres

Les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes

En 2017, en France, les femmes salariées du secteur privé gagnent en moyenne 16,8 % de moins que les hommes en équivalent temps plein (ETP), c’est-à-dire pour un même volume de travail, selon une étude publiée la semaine dernière par l’institut national de statistiques Insee. L’écart de salaire entre les femmes et les hommes était de 21,1 % en 1997.

L’écart de salaire en ETP entre les sexes augmente avec le niveau de diplôme (29,4 % pour les titulaires d’un bac + 3 ou plus contre 15,8 % pour ceux n’ayant pas le baccalauréat), l’expérience professionnelle (21,7 % pour ceux ayant plus de 30 ans de carrière contre 6,4 % pour ceux ayant moins de 5 ans de carrière) et le nombre d’enfants (31 % pour les parents d’au moins trois enfants contre 7 % pour les personnes sans enfant).

L’Insee estime que ces écarts sont « dus en grande partie à la ségrégation professionnelle », c’est-à-dire au fait que « les femmes et les hommes n’occupent pas les mêmes postes », les femmes étant surreprésentées dans la santé et l’action sociale tandis que les hommes le sont dans la construction, le transport et l’entreposage, plus rémunérateurs. Pour un même poste, l’écart de salaire se réduit à 5,3 %.

Le mot dans l’actu

Concurrence

POURQUOI ON EN PARLE.  

La Commission européenne a annoncé mercredi dernier l’ouverture d’une enquête pour évaluer le projet de fusion entre les groupes automobiles français PSA et italo-américain Fiat Chrysler annoncé en décembre. La Commission redoute que cette fusion réduise la concurrence sur les camionnettes de moins de 3,5 tonnes dans 14 États membres. Elle doit rendre sa décision d’ici le 22 octobre.

EN QUOI ÇA CONSISTE.  

La concurrence est « une situation du marché dans laquelle des entreprises ou des vendeurs agissant en toute indépendance s’efforcent d’attirer des clients pour atteindre un objectif commercial précis », selon le glossaire de l’OCDE, qui réunit 37 pays parmi les plus développés du monde. Ainsi, « concurrence » équivaut à « compétition ».

Cette concurrence peut s’exercer entre deux ou plusieurs firmes. EIle peut porter sur les prix, la qualité, les services, voire sur d’autres éléments affectant le choix des acheteurs, comme la prise en compte de l’environnement ou le lieu de fabrication.

Dans un ouvrage publié en 1921, l’économiste américain Frank Knight énonce les cinq conditions de la concurrence « pure et parfaite ». Pour l’atteindre, il faut qu’il existe un grand nombre d’agents économiques du côté de l’offre comme de la demande, que les produits proposés soient homogènes, que l’entrée sur le marché soit libre, que le marché soit parfaitement transparent et que les facteurs de production (capital et travail) puissent se déplacer librement à la recherche de la meilleure rémunération.

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