Fusions-acquisitions | D’où vient le nom Sony ?

Cette semaine, dans Brief.eco, nous nous penchons sur les fusions-acquisitions. Nous nous intéressons à l’évolution des jeux vidéo. Nous vous expliquons ce qu’est une introduction en bourse et nous vous posons une question sur l’origine du nom Sony.

Ça compte

  • Semaine de quatre jours. L’entreprise américaine d’informatique Microsoft a annoncé jeudi dernier que la mise en place en août d’une semaine de travail de quatre jours avait entraîné une augmentation de 40 % de sa productivité par rapport à août 2018. L’expérience a été menée dans la filiale japonaise du groupe où travaillent 2 300 salariés. Les bureaux ont été fermés tous les vendredis, les salariés à temps plein bénéficiant ces jours-là d’un congé payé.

    Pourquoi ça compte. Selon un sondage publié l’an dernier et réalisé auprès de 3 000 salariés dans huit pays par le Workforce Institute de l’entreprise Kronos, un cercle de réflexion sur le travail, une majorité estimait que la semaine de quatre jours serait l’organisation idéale du travail. Près de la moitié d’entre eux déclaraient qu’ils pourraient effectuer leurs tâches actuelles en moins de cinq heures par jour s’ils n’étaient pas interrompus.
  • Apple lance un service de vidéo en ligne. L’entreprise américaine Apple a lancé vendredi dernier un service de diffusion de séries et de films en ligne. Avec un abonnement de 4,99 euros par mois, le service Apple TV+ est moins cher que ses concurrents, mais son contenu est limité : il ne propose à son démarrage que quatre séries. À la différence de Netflix ou Amazon Prime Video, Apple TV+ ne donne pas accès à un catalogue de titres autres que ses propres productions.

    Pourquoi ça compte. Le succès de Netflix et l’évolution des usages suscitent d’autres projets. Plusieurs services de vidéo avec abonnement (SVOD) sont attendus dans les prochains mois, à commencer par celui de Disney dont le lancement est prévu le 12 novembre en Amérique du Nord (plus tard en France). Apple met en œuvre une stratégie de diversification dans les contenus consommés sur ses appareils. Il a également lancé en septembre un service de jeux vidéo en ligne.
  • Contrats signés en Chine. Une quarantaine de contrats, pour un montant de 13,6 milliards d’euros, ont été signés ce mercredi par des entreprises françaises à l’occasion d’un voyage d’Emmanuel Macron en Chine, selon la présidence chinoise. Ces accords concernent plusieurs secteurs tels que l’aéronautique, les énergies propres, l’électricité et l’agroalimentaire.

    Pourquoi ça compte. Ces contrats confortent la place importante de la Chine pour l’économie française. La France est le premier fournisseur de la Chine en vins et spiritueux, le deuxième en biens aéronautiques et le troisième en produits pharmaceutiques et cosmétiques. Parmi les pays de l’Union européenne, la France constitue le deuxième fournisseur de la Chine, derrière l’Allemagne.

On fait le point

Les fusions-acquisitions

Les groupes automobiles PSA (Peugeot, Citroën) et FCA (Fiat, Chrysler) ont annoncé jeudi dernier leur projet de fusionner leurs activités. Les regroupements d’entreprises par fusion ou acquisition visent souvent à diminuer les coûts de fonctionnement. Ces opérations sont cependant risquées et les échecs fréquents.

L’actu

Les groupes automobiles français PSA (Peugeot, Citroën) et italo-américain FCA (Fiat, Chrysler) ont annoncé jeudi dernier un accord sur le principe d’une « fusion à 50/50 des activités des deux groupes ». Ce regroupement en ferait le quatrième acteur mondial en nombre de véhicules vendus chaque année (8,7 millions l’an dernier) derrière Volkswagen, Toyota et l’alliance Renault-Nissan. Les dirigeants prévoient de finaliser les discussions « dans les prochaines semaines ». PSA est particulièrement actif en Europe tandis que FCA l’est sur le continent américain. Les deux constructeurs, qui emploient 400 000 personnes, évaluent à plus de 3,7 milliards d’euros les synergies annuelles possibles à travers la mise en commun de plateformes de production, d’investissements et d’achats. Ils souhaitent également renforcer leur recherche et développement dans « les moteurs électrifiés, la voiture autonome et les technologies digitales et connectées ».

L’éclairage

Quelle est la justification des opérations de fusion-acquisition ?

Si les entreprises impliquées dans un rapprochement appartiennent au même secteur d’activité, leur motivation principale est généralement la recherche de synergies, c’est-à-dire de gains ou d’économies liées à leur association. Dans le cas de la construction automobile, un volume de production plus important donne plus de poids pour négocier de meilleurs tarifs auprès des fournisseurs et permet de combiner ses dépenses de recherche-développement. La nouvelle entité bénéficie de rendements croissants : plus la production augmente, plus le coût moyen de production (coût par unité produite) diminue. Ce mécanisme a été mis en évidence par l’économiste écossais Adam Smith dès 1776 dans son livre La Richesse des nations. Une entreprise peut également chercher à développer ses ventes, à élargir son marché ou à diversifier son offre en rachetant d’autres firmes (croissance externe), plutôt qu’en le faisant elle-même (croissance interne). Des entreprises ayant des activités différentes peuvent avoir intérêt à se regrouper si elles ont des relations commerciales. En intégrant des activités différentes, elles minimisent leurs coûts de transaction (recherche, information, négociation, etc.), un avantage mis en évidence par l’économiste britannique Ronald Coase (1910-2013) dans un article de 1937 intitulé « La Nature de la firme ».

Comment se déroulent ces opérations ?

Les regroupements d’entreprises peuvent s’effectuer sous la forme de fusion (transfert du patrimoine de l’une à l’autre ou dans une nouvelle entité) ou d’acquisition (rachat d’une entreprise par une autre). Les transactions auxquelles donnent lieu ces opérations peuvent prendre deux formes : un paiement en liquidités ou un échange d’actions. Dans le premier cas, l’acquéreur est souvent conduit à emprunter de l’argent ou à effectuer une augmentation de capital pour pouvoir financer sa transaction. L’échange d’actions lui permet d’éviter de mobiliser des capitaux. Les actionnaires de l’entreprise rachetée transfèrent leurs actions et reçoivent en échange des titres de l’acquéreur ou de la nouvelle entité créée. Les deux entreprises doivent au préalable se mettre d’accord sur leur valorisation respective afin de fixer une parité d’échange. On parle de « fusion entre égaux » lorsque les actionnaires de chacune des deux entreprises détiennent 50 % du capital de la nouvelle entité (ou de la société absorbante) au terme de l’opération. Dans chaque pays, des autorités sont chargées de veiller au respect de la concurrence et peuvent imposer des conditions, notamment des cessions d’activités.

Quels sont les risques associés à ce type d’opérations ?

Plusieurs économistes considèrent que les rendements ne sont pas toujours croissants avec un accroissement de la production. Le Britannique Alfred Marshall (1842-1924) a ainsi développé une loi des rendements non proportionnels : au-delà d’une taille optimale, les rendements décroissants prennent le dessus. Ronald Coase estime lui aussi dans son article « La Nature de la firme » que « lorsqu’une entreprise s’agrandit, il peut y avoir des rendements décroissants liés à la fonction d’administration ». Les économies d’échelle dans la production sont alors contrebalancées par un alourdissement des coûts en matière de gestion et d’organisation. Selon l’universitaire français Olivier Meier et le consultant français Guillaume Shier, auteurs du livre « Fusions acquisitions » réédité en juin, dans la moitié des cas, ces opérations s’avèrent « décevantes sur le plan économique, sans compter les plans de restructuration et de licenciement qui accompagnent généralement ces regroupements ». Ils notent que « les décisions de fusions-acquisitions se prennent généralement dans l’urgence, sous la pression des concurrents et des événements ». Une étude du cabinet de consulting AT Kearney en 1998-1999 portant sur 115 opérations de fusion montre que la première cause d’échec est liée à la confrontation de cultures d’entreprise différentes et aux relations humaines.

Pour aller plus loin

Les « mega deals ». Le magazine Capital a récapitulé 10 des plus grosses opérations de fusion et acquisition de l’histoire en matière de montants. Les trois premières ont eu lieu autour des années 2000, dans les secteurs des télécommunications et des médias, en pleine bulle Internet, poussant vers le haut les valorisations boursières.

Les motivations des fusions. Le site de ressources pédagogiques Melchior, créé par l’Institut de l’entreprise, un centre de réflexion, propose une synthèse sur les fusions-acquisitions. L’article passe en revue les grandes vagues de ce type d’opérations dans l’histoire, les motivations des entreprises pour les réaliser, les facteurs de réussite et en propose une typologie.

En chiffres

Le marché du jeu vidéo

Le marché du jeu vidéo s’est profondément transformé ces dernières années, avec une forte progression des jeux dématérialisés (téléchargés et en réseau) et une baisse, puis une stagnation, des jeux physiques (vendus en boîte). C’est ce que met en évidence une étude annuelle publiée la semaine dernière par le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), qui dépend du ministère de la Culture. Le marché des jeux vidéo dématérialisés représentait désormais près de 80 % du total en 2018. Il est en hausse de 15,5 % par rapport à 2017 et a plus que doublé depuis 2013. Le jeu sur mobile reste le principal segment dans cette catégorie, avec une part de marché de 30,4 %, mais il progresse moins vite que les jeux en ligne sur ordinateur. Les deux dernières années sont marquées par la sortie de la console Nintendo Switch en mars 2017. Les ventes de jeux pour cet appareil hybride, qui peut faire office à la fois de console de salon et de console portable, ont doublé entre 2017 et 2018. Les jeux pour la PS4 de Sony dominent cependant le marché français avec 389 millions d’euros de recettes, contre 254 millions d’euros pour la Switch.

Le mot dans l’actu

Introduction en bourse

Pourquoi on en parle. Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a annoncé le 12 octobre que l’introduction en bourse de la Française des jeux (FDJ) débuterait ce jeudi. Les particuliers pourront souscrire des actions jusqu’au 20 novembre. Cette opération aura pour conséquence la privatisation de l’entreprise, en faisant passer la part de l’État dans son capital de 72 % à au moins 20 %.

En quoi ça consiste. L’introduction en bourse est l’opération par laquelle les actions d’une entreprise, représentant une partie de son capital, sont mises en vente sur un marché boursier. Une introduction en bourse vise souvent à procurer à l’entreprise des capitaux dont elle a besoin pour financer son développement. Dans ce cas, elle lance une augmentation de capital en émettant de nouvelles actions, dont elle fixe le prix et qu’elle met en vente sur le marché boursier. Elle peut alors lancer de nouveaux investissements sans faire appel à ses anciens actionnaires ou sans souscrire un emprunt auprès d’une banque. Une société peut également vendre des actions existantes. Dans ce cas, le but de l’opération est de permettre à ses investisseurs de vendre tout ou partie de leurs actions. Une fois l’introduction en bourse effectuée, les actions sont cotées et leur valeur fluctue en fonction de l’offre et de la demande.

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